Comprendre l’esclavage et en sortir : un résumé en 4 étapes

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Les récents événement survenus en Lybie m’ont fait me poser des questions sur l’esclavage dans sa globalité. En effet, quelle est l’origine de l’esclavage ? Comment s’explique-t-on que des personnes comme vous et moi décident d’en mettre d’autres personnes en esclavage, c’est-à-dire de les priver de liberté, les faisant devenir leur propriété dont ils peuvent user et abuser selon leurs désirs et ambitions ? C’est une question dont on n’a pas souvent la réponse. On le met sur le compte de la nature humaine, de son côté sombre.

Mais est-ce naturel pour l’homme de priver son semblable de liberté ? La réponse est bien sûr que non. En effet, lorsqu’on nous parle de l’esclavage, on nous décrit à juste titre sa violence, sa laideur, mais aucune indication n’est faite sur l’origine d’un tel comportement. Vous l’aurez compris, je ne cherche pas ici à comprendre l’origine de l’esclavage uniquement dans une logique de rapport de force entre humains, mais je m’intéresse à son origine beaucoup plus subtile, celle qui conduit à des tragédies que l’humanité à traverser au cours des siècles, voire des millénaires.

1.L’humanité sans esclavage : un souvenir très lointain

La question même de l’esclavage soulève une autre question d’ordre ontologique, en ceci qu’elle nous amène à poser la question du sens de notre humanité. En effet, pour comprendre le pourquoi de l’esclavage, il faut remonter à des temps immémoriaux pour comprendre son émergence.

Pour ce faire, le livre « La cosmogonie de la Rose+Croix » d’Olivier Manitara peut s’avérer très utile. Il faut comprendre ici, pour éviter tout amalgame, que la Rose+Croix , qui correspond à un symbole et un état d’être de l’homme appartenant à tous les hommes , est dans son essence universelle. En parlant de cosmogonie de la Rose+Croix, on parle en réalité de l’origine de la confrérie invisible et de l’humanité de Lumière.

En effet, il nous est expliqué[i] qu’avant tout commencement et toute fin, existait l’eau horizontale infinie qui était l’essence, l’âme de toute substance, de toute matière, de toute forme. Elle emplissait l’espace non manifesté et le temps sans bornes, semblable à un grand miroir où rien n’était encore venu se refléter. Le rayon de Lumière émanant du point central de l’infini qui est partout et nulle part à la fois, se refléta sur le miroir magique de la Création et y fit naître sa vision. De cette union apparurent pour la première fois la croix de Lumière et la rose du jardin de Dieu. Ce fut également la première fois que l’arbre de vie se manifesta au milieu de l’océan cosmique et que des créatures se tournèrent vers la source du Père pour y puiser l’eau de la vie au sein des coupes de leur existence.

Ce premier royaume de Dieu fut placé sous le signe de la pureté, de l’harmonie, de la paix, de la clarté, de la sérénité, de la plénitude et de la béatitude de l’éternité. Tout dans ce royaume était construit, élaboré, pensé avec la substance de l’amour et rien ne pouvait être sans elle. Comme le précise la mémoire vivante de la tradition de Lumière ; « L’amour était le commencement et le but de toutes choses. Rien ne pouvait exister en dehors de lui. »

Au milieu du jardin coulait une source à travers laquelle l’être suprême s’offrait en permanence à toutes les créatures. Cette source coulait sans arrêt, fidèle à elle-même pour rajeunir la vie et parfois révéler de nouvelles formes, de nouvelles possibilités jusqu’ici inconnues. C’est ainsi que selon cette cosmogonie, un jour de grande lumière, de la source est apparue l’humanité est apparue de la source devant tous les habitants de ce royaume, qui étaient des créatures de pensée lumineuse, de sentiment noble, de volition harmonieuse.

L’humanité est venue accompagnée de la semence de la liberté. Toutes les créatures se sont réjouies de voir un être si beau, portant en lui toutes les qualités du monde et révélant le nouveau joyau de la liberté.

Cette information que nous apporte ce récit est cruciale, car elle révèle que l’humanité qui ne forme qu’un seul être, porte en son sein le joyau de la liberté, une semence qui est ancrée dans les cellules qui la constituent et qui nous constituent. Ainsi, l’humanité est à la base emplie de liberté, la liberté est innée pour elle.

En tant que corps collectif, nous avons une destinée qui est liée à cette grande idée de la liberté, qui consiste à vivre avec Dieu, Dieu qui est la vie. En effet, « La véritable liberté, c’est de vivre avec Dieu »(Évangile de L’Archange Ouriel, psaume 188, verset 36), cette source qui se trouve au milieu du jardin de Dieu. Ne pas vivre avec Dieu, s’éloigner  de sa source, est ce qui va entraîner ce qu’on a qualifié de chute dans toutes les religions humaines.

2.L’esclavage, un choix de l’humanité

La cosmogonie à laquelle nous faisons référence ici nous raconte qu’il se passa quelque chose de terrible et l’humanité fut comme mise à l’épreuve. À peine apparue, elle prit conscience de son existence propre de par la semence de liberté qui lui donnait le choix soit d’entrer dans le royaume de la perfection et de se fondre en lui, soit de s’en détourner et d’enfanter elle-même un autre royaume.

La cosmogonie de la Rose+Croix
La cosmogonie de la Rose+Croix

Ce choix était un fait unique et produit une véritable révolution dans le Jardin. L’histoire nous raconte qu’en contemplant la source de perfection au milieu du royaume, l’humanité se divisa. « Une partie fut attirée sans réserve par l’amour et d’un seul élan du cœur elle s’avança et devenant transparente, se fondit dans l’harmonie du Jardin, rejoignant ainsi les autres créatures. L’autre partie, de par la liberté et la possibilité du choix, hésita la moitié d’un instant et le seul fait d’hésiter devant l’amour la figea, la durcit temporairement dans sa forme » (Cosmogonie de la Rose+Croix, p.55).

C’est ainsi que de l’humanité et de la liberté sont nés la confiance et le doute. La partie qui eut confiance se fondit dans l’unité paradisiaque et l’autre moitié qui connut un instant d’hésitation se figea. Sous l’effet du doute, l’ombre est pour la première fois apparue dans le Jardin, dans le monde et l’univers.  Cette ombre ne souhaitant pas disparaître et se fondre dans la Lumière, engendra pour la première fois la peur qui apparut dans le monde.  Cette ombre a projeté la substance de la peur vers la partie de l’humanité qui avait hésité devant l’amour. Ainsi, l’hésitation s’est élargie, elle s’est transformée en doute, en hébétude, en ignorance, en peur. Elle a mis en esclavage cette partie de l’humanité dont nous sommes les descendants pour qu’elle puisse continuer à vivre. Cette ombre se nourrit de notre peur, de nos doutes, de notre ignorance. Cette humanité hésitante, sous l’emprise de l’ombre, ne pouvait rester dans le jardin de Dieu. Elle a donc densifié une partie de la substance de la Mère du monde[ii] pour engendrer un royaume de ténèbres empli de créatures qui étaient à l’opposé de toutes celles vivant dans le Jardin.  Alors cette partie de l’humanité qui a été capturée par l’obscurité qu’elle a elle-même engendrée a connu la souffrance, l’étouffement, la peur, la douleur et toutes les forces déchaînées de l’anéantissement.  Elle est devenue esclave de son hésitation, de son doute, c’est-à-dire de ne pas être soi, une créature de Dieu la Source. 

Voici pourquoi il apparaît comme une évidence que la première source de l’esclavage et de tous les maux liés à l’humanité, est le fait que cette humanité se soit détournée de la Source, de Dieu et qu’elle n’ait jamais pu y retourner. Au contraire, elle s’est même de plus en plus enfermée dans un monde qu’elle a elle-même généré : un monde de peur, de souffrance, d’abomination. Toutes ces forces sombres qui se manifestent autour de nous à travers des êtres et qui provoquent des actes que l’on entend dans les informations, ne sont que la manifestation de plus en plus forte et pressante de ces forces de destruction.

3.Les conséquences de l’esclavage

Les humains ont perdu la connaissance de la lumière intérieure et du centre de Dieu. Ils ne savent plus communiquer entre eux et ont perdu le souvenir de leur véritable origine. Ils sont donc enfermés dans des illusions du savoir basé principalement sur la maîtrise de leur environnement, le corps, qui n’est en réalité qu’une création extérieure à la source unique mais acceptée par elle.

En effet, il ne peut y avoir de vie sans Dieu qui est la vie elle-même. La liberté n’est pas la capacité de pouvoir faire tout ce dont on a envie quand on en a envie, tout ce qui nous passe par la tête, sans réfléchir, sans retenue. Cette attitude traduit même une forme d’esclavage, d’aliénation à des penchants dont l’on ne connaît ni la source ni les conséquences dans le temps.

 

Parler de liberté, d’être libéré de cet esclavage du doute et de la peur, c’est de retrouver le sens de la vie qui nous anime, c’est retrouver le souvenir de Dieu, vivre avec Lui jusque dans notre quotidien, de connaître Ses lois et Ses principes. Il ne peut y avoir de liberté en dehors de Dieu Lui-même.

 

Ainsi, l’esclavage qui apparaît devant nos yeux, qui est choquant en termes d’images, n’est que la manifestation d’un esclavage subtil qui a pris naissance à l’aube de l’humanité ; et qui a engendré des forces sombres qui s’emparant, à son insu ou non, de l’humanité pour agir à travers elle. Ces forces de domination, et de peur continuent encore aujourd’hui, et elles prennent plusieurs modes d’expression.

Il y a tout d’abord l’esclavage « apparent », où les bourreaux et leurs victimes sont identifiés, comme ce fut le cas en Lybie. Mais ce que l’on oublie de dire est que ces deux protagonistes sont doublement esclaves. L’un est esclave de ces mondes sombres qui le poussent à agir d’une manière ignoble. L’autre est esclave des mêmes mondes sombres qui ne lui font voir le monde qu’à travers les yeux du corps, Ils sont possédés par la peur : peur de manquer, peur de ne pas avoir d’argent. Ces mondes qui les poussent à des actes désespérés qui ont malheureusement des conséquences néfastes.

 

Puis, il y a l’esclavage inconscient qui, du fait de l’ignorance des hommes, est lié à leur éloignement de la source de Dieu la Lumière. C’est un esclavage où les esclaves s’ignorent, vivant dans un monde d’illusion, passant toute leur vie sans donner de sens à ce qu’ils font, sans but supérieur, motivés par une peur inconnue dans laquelle ils baignent sans arrêt et qu’ils essaient de combler par des biens extérieurs, et non en se reconnectant à leur source intérieure.

 

En effet, les conditions dans lesquelles nous vivons, font en sorte que nous sommes sans cesse obligés d’abdiquer ce que nous sommes de toute éternité, de faire semblant, de donner le change. Cela a pour conséquence d’étouffer ce qui vit au plus profond de nous et de nous faire entrer dans un moule extérieur qui nous éloigne de notre authenticité.

 

Nous ne sommes plus libres car nous ne pouvons plus être ce que nous sommes. Nous n’avons soit ni le temps, ni l’impulsion, ni la connaissance nous permettant de protéger notre joyau intérieur : cette liberté de pouvoir accomplir ce que nous portons au plus profond de notre être. La liberté ou l’esclavage est la conséquence d’une série de bons ou de mauvais choix. À la fin, l’homme n’a plus le choix parce qu’il n’a plus en lui de cellules qui le lui permettent. Ou alors il a le choix parce qu’il a su garder le lien conscient avec la Lumière en conduisant ses cellules dans l’éducation divine. « Il a été un bon maître, un bon roi et maintenant ses sujets sont heureux de lui » (Évangile de l’Archange Raphaël, psaume 129) ; le maître, le roi étant l’homme, est les sujets, ses cellules, son corps, son âme, son esprit.

4.Sortir de l’esclavage : pas de liberté en dehors de Dieu

Plus l’homme conduit sa vie vers le monde sombre et inconscient, moins il a de choix, d’opportunités, de liberté. C’est ici une toute autre vision de la liberté qui n’est pas toujours abordée, mais qui mérite d’être approfondie.

Cette liberté consiste à faire le choix conscient de devenir un calice pour la source qui vient de Dieu Lui-Elle-même, à Lui donner un corps de manifestation pour faire vivre Son royaume sur la terre.

Aujourd’hui, le corps, la société, la vie quotidienne que nous avons contribué à créer ne sont pas propices à la manifestation du monde divin. Il y a trop de tension, de peur, de déséquilibre, d’illusion, d’instabilité.  La liberté que l’homme propose est un esclavage. Elle n’englobe pas cette liberté d’être un avec la Source, qui est l’essence même de la prêtrise sacrée, divine. La liberté vient uniquement de Dieu. Dieu est le point de ralliement suprême ainsi que le garant des libertés individuelles, des cultures, des religions, des peuples et de toutes formes d’existence.

La réelle transformation ne peut se produire que dans un lieu, un environnement dédié à la manifestation de Dieu. En effet, la liberté est avant tout un environnement. Elle est un espace consacré dans lequel nous pouvons respirer, penser, nous recueillir, étudier, endormir le corps afin que s’éveillent en lui les facultés supérieures qui lui permettant d’entrer en contact avec ce qui est divin de toute éternité.

C’est le projet de la Nation Essénienne à travers ses Rondes des Archanges, ses massalas, ses villages, son jardin de la Lumière, qui sont des espaces où les hommes et les femmes qui le souhaitent peuvent s’informer, s’éduquer et agir afin de pouvoir accomplir leur mission et retrouver chacun leur véritable mémoire.

Être libre est un chemin d’éducation, d’éveil, d’action, de légèreté pour construire la maison de Dieu sur la terre et créer ainsi,  un environnement propice à l’épanouissement de tous les êtres.

La seule liberté qu’ont certains hommes est de pouvoir choisir avec qui ils vont s’unir. Si l’homme s’unit à la tradition de la Lumière, il pourra participer à la transformation du monde en vue de faire apparaître une œuvre d’art magnifique. Dieu et Sa religion sont le chemin. Il faut le voir et avoir le courage de se lever et de s’engager dans le service à Dieu. Servir Dieu signifie œuvrer pour le Bien commun, car Dieu est Père et Mère et en cela, tous les êtres sont ses enfants, sa famille, y compris les animaux, les plantes, la terre.  Dieu ne condamne aucun être, qu’il soit animal ou Ange, mais il est certain que l’homme qui vient sur la terre a le choix, et cette liberté lui est individuelle. Soit l’homme donne la victoire à la Lumière, soit il la donne à la bêtise ; soit il conduit toute sa vie dans le conflit, soit il devient une terre vivante pour les semences des Anges, ces forces, influences, idées vivantes de Dieu.

Si nous voulons entrer dans le savoir et connaître l’être véritable que chacun de nous est éternellement, nous devons élever notre conscience en nous éveillant dans nos relations, dans ce que nous faisons à l’intérieur de nous et autour de nous. Cela demande bien sûr un approfondissement et ne peut pas se faire du jour au lendemain.

En conclusion, il apparaît clairement que l’esclavage physique est la conséquence d’un esclavage subtil qui a commencé à la naissance de l’humanité. Cet esclavage est né de l’éloignement de Dieu la Source, choix fait par une partie de l’humanité et dont les retombées se ressentent encore aujourd’hui. Vous l’aurez compris, cet esclavage existera toujours dans le monde, tant que l’humanité ne retrouvera pas et ne prendra pas le chemin vers Dieu la Lumière. C’est d’ailleurs pour cela que plus l’homme parle de paix à travers tous ses traités et actions, plus il y a la guerre dans le monde de l’homme, En réalité la paix véritable est une force, un Ange de Dieu ; on ne peut donc appeler la paix sans se relier à sa source divine.

La Nation Essénienne, est donc aujourd’hui le seul espace que propose le monde divin à l’homme pour se reconnecter à lui et sortir de l’esclavage.

[i] Cette cosmogonie porte un sens caché qui ne saurait être lu qu’avec les yeux du corps, mais aussi avec les yeux de l’âme.

[ii] Mère du  monde : mère de tous les êtres de la Création, mère de la nature, et intelligence cachée derrière elle.

1 comment

J’aimerais comprendre davantage , sur l humanite qui se dive en deux , existe t il un livre ? ou autre chose. En tout cas merci de ce texte

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